Biographie
| Jacky
MICAELLI « chanter ? c’est carrément vital. Un cadeau »
C’est en 1986 que débute véritablement sa carrière artistique avec le prix du concours de chant de Radio France, la parution d’un premier 45 tours, et la première représentation, à Corbara, de l’œuvre de Perti « Gesù al sepolcro » qui révèle l’immense talent de Jacky. Son interprétation de l’oratorio dans les lieux mythiques que sont la Fenice de Venise (1988), la basilique de Lourdes (1989), la Scala de Milan (1990) ou au Festival de la Chaise-dieu (1992) donne à Jacky une dimension internationale. En 1988,
elle représente la CORSE au Printemps de
Bourges où elle remporte le Prix des
auditeurs de Radio France. Au Trophée Radio France de la
Jeune chanson française à Périgueux, elle remporte
une « Truffe de Platine ». Cette même année
Jacky est à l’Opéra Bastille
et au Festival de Lille avec le groupe Donnisulana,
pour un récital de polyphonies et interprèter l’œuvre
de iannis Zénakis « A Hélène ».
Jacky Micaelli
sait prêter sa voix au répertoire sacré comme au profane
avec la même passion, la même vérité. Elle fait la connaissance en 1995 de Yuki Yamamoto et du groupe de « chants d’Okinawa » , prélude à un second voyage du Japon. En 1996, elle chante et joue dans « A pesta », adaptation de « la peste » de Camus par Jean-Pierre Lanfranchi. Cette année 1996 est marquée par la sortie de son premier CD en solo « Corsica Sacra » qui reçoit des récompenses aussi prestigieuses que le Grand Prix du disque de l’Académie Charles Cros, le Choc du Monde de la Musique et la Diapason d’Or. Une grande tournée suit la parution de ce disque. L’an
2000 la voit interpréter la cantate «
Corsica » de Jean Paul Poletti. et une création pour 2006/2007 est en route…
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La
Tradition et la Transmission « Lorsque je chantais au Japon , il y a …..20 ans , je n’aurais pas pu mettre des mots clairs sur ce que je pressentais à propos de cette finalité qui est la mienne aujourd’hui , dans le chant et dans la transmission… » , Jacky Micaelli fait ici un constat que porte U Ponticellu dans son éthique et sa pratique .
La tradition ce n’est pas uniquement ce qui a existé jadis et qu’il faut conserver tel quel . C’est un héritage , un legs à recueillir , assumer , conserver mais aussi entretenir et faire fructifier en le renouvelant , afin de jeter un pont entre passé et présent : le présent prolonge le passé , le passé vit dans le présent qui prépare le futur , et pour ce futur le passé et le présent deviendront passé . Une tradition non recrée , assimilée et adaptée à chaque époque est une tradition morte . La tradition vivante est transmission : elle exige une actualisation , un aspect créatif . Cet apport se devra de respecter l’esprit de la tradition , lequel esprit est un absolu qui
transcende le temps . En s’appropriant la tradition , sa tradition
, le disciple prend place dans une longue chaîne dont il est
un anneau parmi une infinité d’autres , avant et après
lui . Le
cheminement de la polyphonie corse et "
Stella Matutina" passe par le chant grégorien
. Celui ci s’incorpore des éléments et archétypes
primordiaux qui sous tendent toutes les musiques du monde et en
font autant de voix d’un unique ‘Chant de l’humanité’ .
L’archaique , valorisé positivement , n’est
pas l’ancien ou l’antique perçu comme vétuste
, lointain . Il désigne ce qui dans l’ancien est originel
, ce qui échappe à l’emprise destructrice du
temps et existe dans un présent perpétuel . L’archaique
renvoie au commencement principiel , éternel , hors du temps
. L’archaisme permet d’être par delà tous les rôles et les masques du paraître car il permet l’expression d’une tradition primordiale : « Le centre du monde , c’est ce lieu insaisissable où les traditions prennent naissance , où converge ou d’où émane tout ce qui relève de la traditionalité » La tradition invite à jeter un autre regard sur la modernité car en repensant les valeurs de la tradition et de l’archaique , on repense et lègitime la modernité . Les vrais modernes se gardent de récuser le passé au nom d’une aveugle fuite en avant . Ainsi du grégorien , la polyphonie corse tient la mélodie , pure vocalité , le chant . La voix sort du corps et le souffle produit par les poumons le fait retentir . Le chanteur accomplit un acte vital . L’acte de chanter crée une relation intime avec l’organe vocal grâce à quoi les émotions , l’affectivité s’extériorisent spontanément à travers le son d’un chant simple ou complexe , comme un trop plein qui de lui même aspire à sortir de nous . Il ne s’agit pas d’Ego , et nous pouvons prendre l’exemple des riucade ou mélismes en polyphonie corse . Jacky Micaelli explique dans tous ses stages qu’il est dangereux d’aseptiser la pratique de cette tradition sous peine d’en perdre le sens , l’âme , car dans le sacré comme le profane les riucade sont souvent l’expression d’une émotion forte liée à l’histoire de ce chant . On peut ainsi exprimer le ‘pietoso’ dans le deuil , ou le chagrin de l’amour perdu , mais ce peut être aussi la fatigue d’un travail dur , de l’animal comme de l’homme .Quand il module son chant , l’homme émet un reflet sonore de son propre être . La polyphonie corse , comme tous les chants traditionnels , harmonise voix et corps pour que le chant sonne avec plénitude , puissance . Il s’agit moins de chanter « beau » que de chanter « vrai » . Un chanteur traditionnel utlise sa voix comme moyen , non comme une fin en soi . Il est donc nécessaire dans la transmission de passer par une redécouverte de la « vocalité traditionnelle , de l’ancrage corporel de la voix , et de la portée spirituelle de cet acte . Chanter avec son corps , c’est retrouver une force primale qui deviendra musique potentielle , noyau originel de toute mélodie . Nadine Cesari avec le remarquable éclairage de J.Viret sur La tradition
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